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Tutti blogzine of Sugar

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De la musique, encore de la musique, sans oublier des coups de coeur et coups de gueule sur la société, la psychologie.


Robert Desnos, poète

Publié par Tutti sur 28 Novembre 2007, 00:05am

Catégories : #Culture - arts - sorties

«L'érotisme des esprits superficiels obéit aux conventions de la beauté et de l'esprit.»
[ Robert Desnos ]

(ci-dessus sa dernière photo le 5 juin 1945 à Térézin)

« J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
 Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant
 Et de baiser sur cette bouche la naissance
 De la voix qui m'est chère?

J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués
 En étreignant ton ombre
 A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
 Au contour de ton corps, peut-être.
 Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante
 Et me gouverne depuis des jours et des années,
 Je deviendrais une ombre sans doute.
 O balances sentimentales.

J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps
 Sans doute que je m'éveille.
 Je dors debout, le corps exposé
 A toutes les apparences de la vie
 Et de l'amour et toi, la seule
 qui compte aujourd'hui pour moi,
 Je pourrais moins toucher ton front
 Et tes lèvres que les premières lèvres
 et le premier front venu.

J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
 Couché avec ton fantôme
 Qu'il ne me reste plus peut-être,
 Et pourtant, qu'à être fantôme
 Parmi les fantômes et plus ombre
 Cent fois que l'ombre qui se promène
 Et se promènera allègrement
 Sur le cadran solaire de ta vie. »

« Jusqu'à la mort, Desnos a lutté. Tout au long de ses poèmes l'idée de liberté court comme un feu terrible, le mot de liberté claque comme un drapeau parmi les images les plus neuves, les plus violentes aussi. La poésie de Desnos, c'est la poésie du courage. Il a toutes les audaces possibles de pensée et d'expression. Il va vers l'amour, vers la vie, vers la mort sans jamais douter. Il parle, il chante très haut, sans embarras. Il est le fils prodigue d'un peuple soumis à la prudence, à l'économie, à la patience, mais qui a quand même toujours étonné le monde par ses colères brusques, sa volonté d'affranchissement et ses envolées imprévues.» Paul Éluard
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