
Au commencement était le silence...
Un accident, un drame ou une quelconque épreuve vient bouleverser notre petite indifférence paresseuse. Et là l'essentiel s'impose : malgré tout le réconfort de nos proches, y-a-t-il une raison à notre malheur ? un sens à notre existence ? y-a-t-il une aide surnaturelle qui viendrait tout régler pour le mieux ? y-a-t-il un réconfort absolu d'un Être tout aimant ? Être athée, c'est vivre sans ce réconfort, sans cette aide, sans réponse à nos questions de sens. Apprendre à vivre seul, sans réconfort transcendant : voilà l'exigence morale de l'athée. Être athée c'est apprendre à voler de ses propres ailes, c'est être responsable de ses valeurs et de sa morale. Dure exigence... Être athée c'est comprendre qu'il n'y a qu'un seul monde, celui-ci, notre monde naturel si impitoyable et si indifférent à nos désirs ; un monde silencieux qui n'a rien à dire et qui n'écoute pas, un monde où tout est hasard et nécessité. C'est comprendre qu'il n'y a qu'une seule vie, celle-ci. Apprendre à vivre seul sans dieux, c'est apprendre à mourir, toutes nos petites morts, jusqu'à la dernière. C'est apprendre que le devenir emporte tout, que rien ne dure éternellement et donc que rien ne mérite qu'on s'y cramponne, qu'on s'y enchaîne, pas même nos rêves... Désespérance, la mort aura le dernier mot, qui n'en est pas un... Être athée enfin, c'est lutter contre nos propres illusions, contre le fanatisme, l'intolérance et l'indifférence. C'est lutter pour un monde plus humain et en paix. Être athée c'est donc construire notre tour de Babel sans que les dieux viennent semer la discorde entre les hommes... Ayons donc la vie pour objet, la raison pour moyen, la vérité comme norme et le bonheur pour but. Pardonnons à Dieu ou au Destin de n'être pas et vivons du mieux que nous pouvons...