
21 concerts du Kid de Minneapolis.
Prince ne fait rien comme les autres artistes, ses délires et autres lubies (naturelles ou calculées) se comptent par dizaines. A Londres, il en a eu de nouvelles : chaque détenteur d'un ticket de concert reçoit à l'entrée le dernier album du chanteur. Personne avant lui n'avait fait cela. Depuis le 1er août, le musicien le plus éclectique de ces trente dernières années a installé son trône et sa cour à Londres, sur les docks. Le siège ne durera pas un soir, mais vingt et un (jusqu'au 21 septembre). Du jamais vu. Un peu barje, Prince est surtout un homme qui ne vit que pour sa musique. D'aujourd'hui et d'hier. Le Prince des années 80 et 90 est bel et bien là, sous nos yeux. Avec les talons aiguilles. Avec la guitare en bandoulière. Avec ses allures androgynes. Avec cette pêche qui ne trahit pas ses 49 ans. "Welcome to my party !", crie-t-il d'une voix reconnaissable entre mille. La configuration de l'arêne est particulière. La scène, qui épouse les contours du Love Symbol, est placée au centre. Prince sort et entre par une trappe. A ses côtés, toute la clique du New Power Generation ainsi que Maceo Parker, l'ex-saxophoniste de James Brown et George Clinton, les icônes de Prince. Comme le Godfather et le Dog, le nain aime tirer ses sons en longueur. Un pur délice que de voir ses petits doigts courir le long des cordes pour leur donner des vibrations funky. Trente minutes durant, Prince ne lâche pas son instrument. Sur Cream et Musicology, il laisse tout de même son band sortir du lot. Dans un medley impitoyable, il balance Little Red Corvette, Raspberry Beret, Diamonds and Pearls, Sign'O'The times ... La compile live s'achève par des crampes : à aucun moment, les 20.000 personnes n'ont posé les fesses sur leur siège. Prince a réussi un nouveau pari londonien. Infos tickets, Planet Earth (SonyBMG).