
De son vrai nom, Madeleine Cinquin née en 1908 à Bruxelles, à 23 ans elle renonce à une vie confortable et prononce ses voeux de religieuse dans la congrégation Notre-Dame-de-Sion et deviendra cette femme « rebelle » connue sous le nom de soeur Emmanuelle. Elle part enseigner en Turquie, puis en Tunisie et en Égypte. Elle a un coup de foudre pour ce dernier pays. À 62 ans, en 1971, à l'âge de la retraite, soeur Emmanuelle obtient le feu vert de sa congrégation pour accomplir son voeu le plus cher : aller vivre parmi les plus pauvres. Elle s'installe dans une cabane du bidonville d'Ezbet El-Nakhl, où vivent des chiffonniers du Caire. C'est le début d'une grande aventure humaine qui la fera connaître dans le monde entier. Relayée par son association Asmae, créée en 1980, elle s'investit également au Soudan (Opération Orange), en Haïti, au Burkina Faso, au Brésil... Rappelée en 1993, à 85 ans, par sa congrégation, alors qu'elle aurait voulu mourir au Caire, soeur Emmanuelle continue à donner de la voix. Elle défend l'aide aux pays pauvres, les SDF et les jeunes générations à qui elle refusait de « faire la morale ». Soeur Emmanuelle n'hésite pas à fréquenter les studios de télé et à provoquer en douceur ses interlocuteurs. L'émotion est forte à ATD Quart monde qui évoque son « compagnonnage » avec soeur Emmanuelle, « en faveur du respect et de la dignité des personnes en grande pauvreté ». Le meilleur hommage est de continuer son combat. Au Vatican, par la voix de son porte-parole, le père Lombardi, on évoque « une grande figure de la charité chrétienne ». La Grande Mosquée de Paris salue «la grande pionnière de la solidarité humaine au XXe siècle». Respect Madame...