
Réalisateur de Shaft, premier photographe noir à avoir bossé pour le magazine américain Life, il avait aussi fait des photos de mode pour Vogue : Gordon Parks est mort le 7 mars à l’âge de 93 ans.
On lui doit les photographies des Black Panthers, de Malcom X, de Mohammed Ali, celle d’Ella Watson avec son balai et sa serpillère devant le drapeau étoilé, et plus récemment, en 1998, la version hip-hop du Great Day in Harlem de Art Kane, qui réunissait en 1958 les sommités du jazz. Il y a quelques clichés du maître visibles sur Masters of Photography.
Gordon Parks réalise Shaft en 1971. Le triomphe de ce policier lance la vogue des films de "Blaxploitation" où des stars noires endossent un emploi de justicier et préservent le ghetto des policiers blancs corrompus. Ce portrait d'un homme écartelé entre les quartiers blancs et noirs, riches et pauvres de la métropole américaine est un condensé de la carrière de Parks, qui s'est toujours effectuée entre plusieurs mondes.
Son bilan est pourtant hors du commun. En révolutionnant son art, Gordon Parks a bouleversé la vie des membres de sa communauté. Par là même, il a ouvert la porte au plus puissant courant de culture populaire noire américaine depuis la Harlem Renaissance, dans les années 1930.
Un dernier mot de Monsieur Parks : “La caméra, c’était mon choix d’arme contre ce que je détestais le plus dans l’univers : le racisme, l’intolérance et la pauvreté“.