
André Dupont, dit Aguigui Mouna, né en 1911 et mort en 1999, a été appelé à la fois « le dernier amuseur public de Paris » et « le sage des temps modernes ». Cavanna disait de lui : « Mouna c'est une manif à lui tout seul. C'est l'indignation. Sa philosophie est un mélange d'antimilitarisme, d'anarchisme et d'écologisme. » Son passage dans l'armée fera de lui un antimilitariste convaincu. Plus tard on le verra la barbe fleurie et son éternel béret noir vissé sur le crâne, haranguant les foules aux festivals de Cannes et d'Avignon, au Printemps de Bourges et au Salon du Livre de Paris. Il ponctue ses déclamations par des inscriptions à la craie blanche sur le bitume en disant « Je craie. » Ses techniques, tel que l'usage de pancartes accrochées à son vélo pour interpeller les passants, ont sans doute influencé l'écriture blanche sur noir de l'artiste Ben. Il crée son journal Le Mouna Frères (« le mou'nana pour les sœurs !!! - le journal anti-robot ») qu'il diffuse lui-même dans les manifestations. Il se déplace sur un vélo équipé d'un téléphone rouge (factice) et jette des graines aux badauds qui l'écoutent en ponctuant son geste d'un « Prenez-en de la graine ! » Il est nommé chevalier des Arts et des Lettres par le ministre de la Culture Jack Lang.
C'était un allumé qui militait pour la paix = respect !!
(photo Alain Weckmann)