
Charles Bukowski
Romancier et poète américain, né le 16 août 1920 en Allemagne, à Andernach. Mort à 73 ans le 9 mars 1994 à San Pedro, Californie. Son épitaphe : Don't try (n'essaie pas). Son père le battra, à la ceinture, de l’enfance jusqu’à l’adolescence ; jusqu’à ses 17 ans ; jusqu’au jour où, après être rentré complètement ivre, il répondra aux coups, et mettra son père K.-O. C’est à partir de là qu’il commencera à boire régulièrement. Plus tard, il quittera le domicile familial, logera dans des chambres d’hôtels et des appartements miteux, tout en écrivant et en se saoulant. Entre 21 ans et 26 ans, il voyagera. Lorsqu’il s’installe devant sa machine à écrire, c’est avec de quoi boire, et avec une radio calée sur une station diffusant de la musique classique. À 40 ans, il publie son premier livre, un recueil de poèmes, intitulé Flower, Fist and Bestial Wail (Fleur, Poing et Gémissement Bestial). Ses écrits sont souvent autobiographiques. Il parle de son alcoolisme, de ses errances, de ses angoisses, de sa misanthropie, des courses de chevaux, des femmes, de son désespoir, de l’absurdité et de la folie qu’il constate au quotidien. Son style, direct, parfois cru, n’est pas dépourvu d’humour, ni de profondeur. Sa vision de la vie est sans concessions, sans illusions, sans naïveté, sans prétention. L’esprit affûté sera frappé par sa grande lucidité sur ce qui l’entoure, comme sur lui-même. Poèmes, nouvelles, romans, Bukowski choque. Asocial, provocateur, obscène, mais aussi poète génial, il dépeint avec violence la société américaine, le règne de l'argent, la morale hypocrite et la modernité médiocre. Peu à peu, ses écrits paraissent dans la presse underground, puis chez des éditeurs marginaux. A partir des années 70, il se consacre uniquement à l'écriture (ainsi qu'au sexe et à l'alcool, car, comme il le dit : "un homme doit être soigneux sur la façon dont il mélange l'alcool et le sexe"). Il reste de cette vie hasardeuse, de ces scandales plus ou moins légendaires, des livres : Mémoires d'un vieux dégueulasse, Contes de la Folie Ordinaire, Le Postier, L'Amour est un chien de l'enfer, un style qui ne sauve pas les apparences, une tendresse qui n'est ni volupté ni amour, mais celle que l'on peut trouver la nuit, dans une chambre d'hôtel ou un bar, quand les néons éclairent la détresse. Charles Bukowski est l'homme de ces moments là. Il est donc une sorte de Céline punk, inspiré par le sexisme, la misère du quotidien, la violence.