
| | Dernier disque de Queen sorti avant la mort de Freddy Mercury, "Innuendo" porte la marque de cet au revoir d'un chanteur qui aura marqué son temps. Fidèle à lui-même, le groupe sort un excellent CD comportant tout ce qui l'a toujours caractérisé : un univers burlesque ou des séquences de cur et d'opéra se mêlent à des moments de pur rock, le tout dans un décor théâtral mélange d'art, de folie et de rêve. L'image du rêve est peut-être la plus adaptée pour caractériser cet album et les sentiments qui s'échappent des chansons. Rythmes langoureux, mélodies entraînantes et recherchées, on se sent pour ainsi dire bercé puis agité pour être porté au bord des larmes au fil de l'enchaînement des chansons. Malgré ce mélange hétérogène, il ressort du tout une unité : on nous entraîne dans un voyage, un voyage à travers l'existence. Le rideau s'ouvre sur un "Innuendo" au rythme lent et précis semblable à une marche militaire mais qui quitte la dureté de la marche au pas pour faire place à l'opéra et son rythme décousu. Tout cela pour nous faire devenir "Slightly Mad" et aller plus haut avec "Ride The Wild Wind". La chevauchée fantastique nous fait traverser les nuages et atteindre les sommets pour voir "All God's People" et voir derrière nous que "These Are The Days Of Our Lives". Continuer de monter avec ces musiques entraînantes et des solos de guitare qu'on pourrait presque qualifier de mélancoliques mais portant une touche d'espoir pour la suite. L'espoir vient effectivement avec "The Show Must Go On", dernier message d'un chanteur qui se savait condamné mais qui aura continué jusqu'au bout et qui ne peut que souhaiter que tout continue même après lui. Le rideau se ferme alors sur cette apothéose finale qu'est cette chanson, sûrement l'une des plus marquante du groupe et qui ne laisse personne indifférent. Au final, cinquante-quatre minutes d'un rêve de voyage un brin mystique et spirituel mais surtout chargé de sentiment et de réflexion sur l'existence. Un disque chargé d'histoire, un disque d'adieu d'un artiste à ses fans, un testament, peut-être le tout à la fois. |