
Pierre Molinier, l'homme putain
Il avait choisi de vivre et de créer à Bordeaux. Il s'y est suicidé, en 1976, d'un coup de revolver. La capitale de l'Aquitaine rend hommage à Pierre Molinier, son fils adoptif sulfureux et longtemps maudit, ainsi qu'à d'autres artistes de la même famille. A l'origine peintre de facture très classique, Molinier se rapproche plus tard des surréalistes, avant de réaliser en 1960 ses premiers photomontages de travestis. La fin de sa vie sera uniquement consacrée à ses autoportraits fétichistes, où il apparaît avec un visage de poupée gainé de résilles, dans des pauses parfois scabreuses. Mais toujours d'une beauté renversante.
“Pierre Molinier, jeux de miroirs”, au musée des Beaux-Arts de Bordeaux, jusqu'au 20 novembre.